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Portrait d'Alizée Froment

Son parcours, ses concours, ses passions, ses chevaux, retrouvez tout ce qu’il faut savoir sur Alizée Froment, Sélectionneur national de l’équipe de France poneys de Dressage

Alizée FromentAlizée Froment // Photo : DR

Date de naissance : 20 août 1987

Où résidez-vous ? Question difficile … Ma maison est à Canaules et Argentières, un petit village du sud de la France au pied des Cévennes, mais je passe ma vie entre l’avion, le train et la voiture.

Vos passions : les chevaux, la photographie, la littérature, la scène ? Les chevaux, le théâtre, la littérature, la photographie, le dessin, le chant, les voyages, l’histoire, l’archéologie … La vie en réalité ! Tout ou presque me semble passionnant.

Pourquoi et comment avez-vous choisi l’équitation et quels ont été vos tous premiers débuts à poney ? Ma mère a tenu un poney-club pendant plus de 20 ans qui fonctionnait uniquement lors des vacances scolaires. Lorsque j’étais petite, j’agitais les jambes pour essayer d’escalader les shetlands … Je ne l’ai pas choisi, c’était une évidence. J’ai commencé vers 2 ans et montais à chaque vacance, lorsque nous quittions Paris pour rejoindre le poney-club situé dans mon Gard natal.

Vous commencez les D1 puis les Grands Prix de CSO avec Foy d’Amour Cepede. Avec Clyde de Mai, vous êtes sélectionnée en Equipe de France et présélectionnée pour les championnats d’Europe. Pouvez-vous nous parler de cette époque ? C’est une superbe époque remplie de magnifiques souvenirs. Ces deux ponettes m’ont construites. J’ai fait ma scolarité, de la 6ème à la Terminale, par le CNED. Je passais mes journées à leurs côtés. Suite aux inondations de 2003, nous n’avions plus de carrière. J’ai préparé ma saison avec Clyde dans l’un des prés de la maison. Ma mère venait me faire sauter une fois par semaine et m’accompagnait sur tous les terrains. Le reste du temps, je me débrouillais avec mes deux ponettes qui se détestaient cordialement. Nous avons traversé l’Europe avec le van chargé jusqu’au toit, rencontré des personnes merveilleuses, engrangé de beaux souvenirs, appris plein de choses. Aujourd’hui encore, j’y repense souvent.

En 2005, changement de cap, direction les rectangles de dressage en Grand Prix poney avec l’étalon Connemara Ice’n’Blue Time. Pourquoi avoir changé de discipline ? D’où vient cette passion du dressage ? Un hasard … Une rencontre. Je suis allée chez Sophie Roos et Corine Desoulières, propriétaires de Clyde, lors de l’été 2004 pour travailler les poneys de leur élevage. Ca faisait un an que j’avais quitté ce monde-là pour m’adonner uniquement au théâtre. J’étais contente d’être là-bas. Je travaillais Ice que j’adorais. Un jour, Sophie m’a demandé de le présenter à Laurence Sautet, alors entraîneur de l’Equipe de France de dressage poneys, pour avoir son avis sur le bel étalon. A la fin de la séance, Laurence a souhaité que je rencontre Philippe Limousin, entraîneur des « Juniors » et « Jeunes Cavaliers ». Je lui ai répondu que mon avenir était désormais loin des chevaux mais elle a insisté et j’ai donc rencontré ce grand monsieur deux mois plus tard. Cette rencontre a changé beaucoup de choses. Il a su me transmettre sa passion insatiable pour le dressage et j’ai donc repris le chemin des carrières et des terrains de concours mais … en dressage cette fois-ci et les débuts n’ont pas été simples car je ne connaissais de cette discipline que ce que je faisais au feeling dans mon pré pour dresser Foy et Clyde.

Le haut niveau en dressage s’offre à vous. Vos complices se nomment Donatello du Rivau, Joeris et maintenant Mistral du Coussoul. Quel a été votre parcours avec ces chevaux et les échéances majeures courues avec eux ? Il y a également eu Germanicus des Menauts, mon premier cheval de Grand Prix, propriété de Catherine et Sauveur Vaisse tout comme Mistral, Naxos, Sultan et les autres jeunes de cet élevage que je travaille désormais. Un cheval qui m’a fait découvrir plein de choses et, en tout premier lieu, à quel point les chevaux peuvent, parfois, avoir une générosité absolument extraordinaire. Pour en revenir à mes premiers complices, il est vrai que j’ai eu beaucoup de chance, je dois l’avouer, sur mon parcours. En 2006, lorsque j’étais en formation à l’ENE, Fabien Godelle m’a offert de monter Donatello, son cheval de Grand Prix. Chaque séance était une bouffée d’oxygène, un grand bonheur qui me suffisait … Mais un jour, Fabien est arrivé en me demandant ce que j’avais prévu pour le week end suivant. Je lui ai répondu que je n’avais rien. Il m’a dit « ça tombe bien parce que je t’ai engagé sur le St Georges avec Donat’ ». Les quelques concours que nous avons fait ensemble se sont bien passés mais, une semaine avant les championnats de France « Jeunes Cavaliers », Donatello a fait une myosite et sa carrière s’est arrêtée sur notre victoire dans la reprise préliminaire du CDIYR du Touquet. Il est désormais à la retraite à la maison, poilu et heureux de vivre dans son pré qu’il quitte de temps en temps pour faire quelques pas de côté. Philippe m’a proposé de monter Joeris au début de l’hiver 2006, après que Donatello ait pris sa retraite. Je l’ai découvert avec Hartwig Burfeind, lors d’un stage de travail qui s’était plutôt bien passé au vu du fait que nous ne nous connaissions pas du tout (j’exagère, je l’avais monté en trotting !). Suite à ce stage, je me suis malheureusement déchiré gravement les deux adducteurs et ai été arrêtée de longs mois. J’ai tout de même fait le concours de St Lô avec lui mais ceux qui étaient présents à mes côtés se souviennent de ma démarche brinquebalante lorsque je suis descendue après ma reprise, les larmes aux yeux, boitant très franchement. Petit à petit, nous avons appris à nous connaître et avons fait une bonne saison bien qu’un peu courte. Joeris m’a offert ma première médaille de bronze lors d’un championnat de France de dressage et une place de réserviste pour les championnats d’Europe. Il m’a énormément appris. Mistral, lui, est une histoire à part … Un coup de fil, une rencontre, un contrat signé pour quelques mois et un cheval qui, finalement, s’est transformé en le compagnon d’une vie et ne m’a pas quitté. Ensemble, nous avons fait les Championnats d’Europe d’Azeitao en compagnie d’Antoine Lion, de Julie Pellerin et de Camille Judet Chéret où nous étions 4ème par équipe. Deux mois plus tard il m’a offert la médaille de bronze du championnat de France Jeunes Cavaliers et m’accompagne aujourd’hui sur le « Grand Tour ». Il est également mon compagnon de spectacles …Une histoire comme on en a peu, je pense, dans une vie de cavalier.

Quels sont vos objectifs aujourd’hui avec vos chevaux (spectacles et compétitions) ? Je compte monter Mistral sur le circuit « Grand Tour » et participer aux CDIU25 et CDI*** autant que possible. J’ai un autre cheval, Naxos du Coussoul, qui est aux portes du « Grand Tour » actuellement et qui, je l’espère, passera le cap cette année. Ensuite, j’ai plusieurs jeunes en préparation que je sortirais certainement sur quelques épreuves. Pour la partie spectacle, je ne sais pas encore. J’ai quelques dates prévues mais elles tombent pour la plupart en même temps que les concours poneys. Je devais partir à Rome début mars mais cela tombe en même temps que la Tournée des As de Mulhouse et à Chantilly cet été alors que je serai aux championnats d’Europe. Nous verrons donc ce qui se met en place de ce côté-là.

Coach de dressage et de CSO

En 2008 et 2009, vous étiez intervenante fédérale auprès de l’équipe de France Poney de CSO de Pascal Henry pour le travail sur le plat. Comment avez-vous vécu cette fonction et quel bilan tirez-vous globalement du niveau d’équitation des jeunes cavaliers de CSO ? Cela a été une très belle expérience. J’ai d’ailleurs garder des liens avec certains de ces petits cavaliers que j’ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver. Pour ce qui est du niveau global, je dirais qu’on retrouve assez systématiquement un manque important de travail sur le plat mais qu’il y a de plus en plus de cavaliers jeunes qui montent à haut niveau et qui, de fait, ont de longues années pour se former et devenir de très bons pilotes. La France a eu la chance d’avoir, ces trois dernières années, de grands talents tels que Robin Muhr, Florian Lemaître ou encore Fanny Skalli. Ca n’est pas si fréquent d’avoir autant d’enfants talentueux lors d’une même période et je suis contente d’avoir croisé leur route.

Vous entraînez une petite équipe de cavaliers de CSO chez vous au PC du Grand Mas. En dressage, faites-vous travailler des cavaliers, à domicile ou lors de stages ? La « Chicken Grumpy Team » ! Une équipe composée de chouettes petits loups répartis entre chez moi et Nohic, prêt de Toulouse. En ce qui concerne le dressage, je fais bien évidemment également travailler des cavaliers. J’ai de nombreux stages un peu partout en France, Belgique, et Italie et fais travailler des couples qui viennent directement à la maison le temps d’une séance. Jusqu’à aujourd’hui, je me déplaçais également pour faire travailler certains couples dans un rayon de 150kms autour de la maison mais ça ne va désormais plus être possible … Les journées ne faisant que 24 heures, je dois faire des choix !

Propos recueillis par Pauline Bernuchon

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